01.09.2008

Le cyberdissident Kareem Amer ne peut plus voir la lumière du jour : Reporters sans frontières dénonce ses conditions de détention

Reporters sans frontières dénonce les conditions de détention du blogueur Abdel Kareem Nabil Suleiman ("Kareem Amer"), détenu depuis le 6 novembre 2006 dà la prison de Borg El Arab (40km d‘Alexandrie). Il lui est interdit de sortir de sa cellule. Ses livres lui ont également été confisqués et son état de santé se dégrade suite aux mauvais traitements dont il est victime.

“Ses conditions de détention sont inacceptables. Kareem Amer est victime d’un acharnement scandaleux de la part des gardiens de la prison. Non seulement ils l’empêchent de quitter sa cellule, mais ils poussent régulièrement ses codétenus à le battre. Son état de santé se dégrade à vue d’œil sans qu’un médecin puisse l’examiner. Nous demandons sa libération immédiate“, a déclaré l’organisation.

Le 31 août 2008, son avocate, Rawda Ahmed, est allée lui rendre visite. Il lui a alors confié que les gardiens l’empêchaient de sortir de sa cellule. Selon elle, “il est malade et maltraité par le personnel carcéral“.

Kareem Amer, 22 ans, a été condamné à quatre ans de prison le 22 février 2007 pour “incitation à la haine de l’islam“ et “insulte au président“ après avoir publié des articles sur son blog (www.karam903.blogspot.com). Il dénonçait régulièrement les dérives religieuses et autoritaires du gouvernement de Hosni Moubarak, critiquant notamment les plus hautes institutions religieuses du pays, en particulier l’université sunnite Al-Azhar, dans laquelle il étudiait le droit.

Reporters sans frontières a décerné le prix “Cyberlibertés“ à Kareem Amer le 5 décembre 2007. En Egypte, il est le premier blogueur condamné en raison de son activité sur Internet et celui dont la peine est la plus longue.

L’Egypte est classée 146e sur 169 du classement mondial de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières et qualifiée d’ “Ennemi d’Internet“ par l’organisation.

11.12.2007

Lettre ouverte au Président Sarkozy sur la visite du colonel Kadhafi

A l’occasion de la journée internationale des droits de l’Homme, la Ligue libyenne des droits de l’Homme et la FIDH interpellent le Président Sarkozy sur la question du respect des droits de l’homme en Libye à la lumière de la visite du colonel Kadhafi à Paris


Lettre ouverte au Président Sarkozy

"Journée internationale des droits de l’Homme : le respect des droits de l’homme en Libye à la lumière de la visite du Président Kadhafi à Paris"

Lundi 10 décembre 2007,

Monsieur le Président,

La Ligue libyenne des droits de l’Homme, une ONG en exil membre de La Fédération internationale des droits de l’Homme (FIDH) ainsi que du Réseau euro-méditérranéen des droits de l’Homme, et la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH) ont l’honneur de s’adresser directement à vous, à l’occasion de la visite du président Kadhafi à Paris et les entretiens que vous allez avoir avec lui et que nous espérons fructueux.

Nous sommes persuadés, Monsieur le Président, que la paix et la réalisation des droits de l’homme dans la région méditerranéenne sont des sujets de préoccupations majeurs pour la France, la Libye ainsi que pour les autres pays. Elles revêtent l’une et l’autre une extrême importance, la première apporte des garanties crédibles quant à la paix dans notre région et la protection du droit à la vie, tandis que la seconde créé les conditions propices au plein épanouissement des facultés créatrices de l’homme. Il s’ensuit logiquement qu’il y va de l’intérêt légitime de tous de se préoccuper des droits de l’Homme, et de se pencher également sur d’autres facteurs connexes susceptibles d’y contribuer.

Nous sommes aussi persuadés, Monsieur le Président, que la paix et les droits de l’Homme ne peuvent se consolider que dans un environnement propice. Ils sont indissociables et leur préservation, leur protection et leur promotion sont tributaires d’éléments communs qui sont la démocratie, et la liberté. Aucun pays ne peut assurer la paix s’il n’est lui-même une société démocratique. Les philosophies et les politiques, telles qu’articulées et poursuivies par le gouvernement libyen dans le domaine des droits de l’Homme, sont fondées essentiellement sur la violence et l’intimidation de ceux qui osent encore penser autrement que le discours officiel. Elles propagent l’intolérance, détruisent les nobles aspirations de l’homme et sont la négation des valeurs humaines qui sont à la base même des droits de l’Homme et de la paix.

Monsieur le Président,

La Libye a connu au cours des trois dernières décennies des violations graves des droits de l’Homme directement entreprises ou tolérées par un pouvoir dont la structure se prête à tous les abus. Cette structure se caractérise essentiellement par sa concentration exceptionnelle entre les mains d’un très petit nombre de personnes autour du président kadhafi, le Leader, qui n’a jamais été élu. Le Leader est président à vie et ne peut être destitué. Il est le Chef de l’Etat, le Commandant en Chef des Forces armées et le Leader des Comités révolutionnaires. Le leader est officiellement au dessus des lois et est, par conséquent, responsable de rien, ne rend compte à personne et à aucune institution. Il n’est responsable ni devant le peuple ni devant un parlement qui, par ailleurs, n’existe pas. Toutes les institutions de l’Etat, y compris les ministres et les hauts fonctionnaires, sont responsables individuellement devant lui et c’est à lui seul qu’ils rendent compte de leur activité.

Le Président Kadhafi gouverne le pays par l’intermédiaire d’un parti dirigeant « révolutionnaire », le Parti des Comités Révolutionnaires dont l’hégémonie ne laisse effectivement aucune marge pour le libre choix des citoyens et s’assure qu’une idéologie controversée mais déterminée soit reflétée dans tous les rouages de l’Etat. Ses membres se sont servis de la structure « unique » de l’Etat pour consolider un ordre qui ne permet la jouissance pratiquement d’aucun droit de l’Homme ni d’aucune liberté. Il est difficile, considérant le quadrillage du pays par des réseaux parallèles d’informateurs, composés notamment de membres de tribus, d’amis et de parents mis en place dans le pays et l’existence de services de sécurité qui s’immiscent dans les affaires les plus privées de l’individu, d’évoquer la jouissance d’une liberté quelconque en Libye. Les abus du pouvoir sont permanents.

Monsieur Le Président,

La Libye s’est finalement ouverte à l’étranger comme la visite du Président Kadhafi l’atteste. Oui la Libye s’est finalement ouverte pour les marchands d’armes, les compagnies pétrolières, les holdings et les trusts mais pas aux libyens. Les Libyens continuent à être jugés par une justice totalement au service du régime. Ils continuent de ne pas jouir de leurs droits humains les plus élémentaires tels que le droit de choisir librement leur gouvernement dans des élections générales libres, périodiques, et par bulletin secret. Ils continuent d’être privés de leur droit à la liberté d’expression, à la liberté d’association, à une éducation moderne et à une médecine adéquate. Le salaire moyen du libyen s’est dramatiquement effrité depuis 1981, date du dernier ajustement salarial, d’une manière désastreuse de telle manière que le salaire mensuel moyen n’est que de l’ordre de 150 euros par mois.

La Ligue libyenne des droits de l’Homme et la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme sont convaincues que la Libye, malgré la prétendue ouverture, continuera à être un gouvernement imprévisible à moins que cette ouverture vers l’extérieur ne soit enfin suivie par une ouverture vers l’intérieur. Le système politique autoritaire libyen n’est pas seulement anti-démocratique mais, plus grave encore, n’a pas la volonté de se démocratiser. Le système persiste dans sa fuite en avant en méprisant toute opposition et en refusant tout dialogue libre avec ses opposants généralement qualifiés de "chiens errants". Les prisons reçoivent chaque jour des nouveaux prisonniers de conscience et des nouvelles arrestations sont opérées presque quotidiennement. Une protestation dans la prison de Busleem en juin 1996, pour absence de minimum d’hygiène, s’est soldée par le massacre terrible de 1 200 prisonniers. Un simple appel pour le respect du droit à la liberté d’expression s’est soldé en février 2007 par l’arrestation de ses 12 signataires. Ils sont toujours en prison dans des conditions déplorables.

Il est important que la France sache, à la veille de la visite du Président Kadhafi, que la Libye est toujours gouvernée par la même structure et que les droits inhérents à un système de gouvernement démocratique tels que le droit à la liberté d’expression, à la liberté d’association, de réunion, d’information, etc. n’existent pas et doivent être rétablis et surtout garantis à tous les libyens. A cet égard la volonté du peuple doit redevenir le fondement du pouvoir comme il est stipulé dans la Déclaration universelle des droits de l’Homme et le Pacte international relatif aux droits civils et politiques. Il est impératif, pour l’instauration de la démocratie, la stabilité et la sécurité en Libye, synonyme de paix dans la région, qu’une constitution démocratique, qui fasse de la volonté du peuple librement exprimée, par un vote secret et au suffrage universel, le fondement de tout pouvoir et la source de toute légitimité.

La Ligue libyenne des droits de l’Homme et la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme comptent beaucoup sur la consolidation de la coopération franco-libyenne qui, à notre avis, n’a de sens que si elle fait du respect des droits de l’homme en Libye un sujet central. Il ne fait pas de doute que ceci exige des réformes profondes de l’Etat libyen dont les structures actuelles ne peuvent garantir ni le respect des droits humains, ni même la consolidation de la coopération franco-libyenne.

Veuillez agréer, Monsieur le Président, l’expression de nos profonds respects.

Soliman Bouchiguir, Secrétaire Général de la LLHR

Souhayr Belhassen, Présidente de la FIDH

Contact Presse + 33 1 43 55 14 12 / + 33 1 43 55 25 18 (Karine Appy)

09.04.2007

justice pour Adjmal Naqshbandi

A la manière de Reporters Sans Frontières, c'est avec un véritable choc que j'ai appris l'assassinat de l’interprète afghan Adjmal Nasqhbandi. Ma réaction est qu'il faut que l'opinion publique réagisse de la même manière que Reporters Sans Frontières , c'est à dire se mobiliser pour les personnes privées de liberté quelle que soit leur nationalité....Apparemment une vie afghane a moins de valeur qu'une vie italienne . Effectivement, on ne ressent pas la même mobilisation. Moi, je pense que celà doit changer.....qu'une vie afghane mérite la même mobilisation qu'une vie italienne ou française.....Le 8 avril, c'est un être humain qui a perdu la vie......Celà m'indigne....Il était là en plus pour nous informer. Sans lui, les journalistes européens ne pourraient pas travailler en Afghanistan ou en Irak ou ailleurs....A monsieur Adjmal Naqshbandi, je lui dois d'assurer mon droit d'information. Maintenant, il nous reste à demander que la justice soit faite.......Pour tous les mouvements de solidarité pour Monsieur Adjmal Naqshbandi, je serai là comme je le suis aujourd'hui pour Anna Politovskaïa. Mobilisons nous pour la fin de l'impunité des assassinats des journalistes et de leurs collaborateurs.

13.03.2007

Lettre aux ONG de Droits de l'Homme

ACAT, Amnesty International, Human Rights Watch, Fédération Internationale de Droits de l'Homme, Ligue de Droits de l'Homme

22 février 2007

Comme plusieurs personnes ont manifesté leur solidarité avec Habib Souaidia après la parution de cette lettre, nous avons décidé de lancer un appel à signatures. Envoyez votre signature par e-mail individuel à l'adresse d'Algeria-Watch.

Nous voudrions attirer votre attention sur un fait grave qui s'est déroulé en janvier 2007 à Paris sans que les médias ne lui aient donné l'importance qu'il mérite. Le 11 janvier dernier, Habib Souaïdia, auteur du livre « La sale guerre » en Algérie, a été agressé dans le métro en présence de sa femme (Cf. Libération du 27/01/07). La date de l'agression et la qualité de la victime indiquent que cet acte n'est pas un fait divers fortuit (le 11 janvier est la date anniversaire de l'annulation des élections de décembre 1991 par les militaires en Algérie). Loin d'être un incident banal, cet événement fait partie de la campagne d'intimidation lancée en France par les services algériens contre les opposants au régime.

Habib Souaidia s'exprime régulièrement et venait d'écrire un article sur les viols de femmes par les militaires durant la « sale guerre » (1). L'objectif est d'amener les opposants à se taire définitivement pour que les auteurs de malversations et de violations de droits de l'Homme ne rendent jamais compte à la justice ni en Algérie ni ailleurs.

Nous alertons les militants de droits de l'Homme que s'il n'y a pas de réaction de protestation, et s'il n'y a pas interpellation des autorités françaises sur leur devoir d'assurer la sécurité des personnes résidant sur le territoire français, les services algériens seront encouragés à aller plus loin dans de tels agissements jusqu'à commettre l'irréparable. L'objectif de cette campagne d'intimidation est de faire taire toute prise de parole condamnant les violations de droits de l'Homme en Algérie.

Nous affirmons notre solidarité à Habib Souaïdia, tout en condamnant les méthodes brutales du régime d'Alger contre ses citoyens en Algérie et à l'étranger. Nous comptons sur la solidarité des ONG de droits de l'Homme en France pour être vigilantes quant à la protection des opposants aux régimes autoritaires du Sud de la Méditerranée. Il est indispensable que ces opposants continuent de parler et de témoigner pour se faire le relais des combats démocratiques menés dans leurs pays respectifs.

Signataires: Noureddine Abdi, sociologue; Lahouari Addi, sociologue ; Djamel Benchenouf, journaliste; Omar Benderra, économiste; Mohammed Harbi, historien, Ghazi Hidouci, économiste; Hocine Malti, expert pétrolier ; Salima Mellah, journaliste

Hocine Ait-Ahmed, Président FFS
Jugurtha Ait-Ahmed, journaliste
Abdelbaset Bedrouni, Dipl. Ing. ( Uni. )
Soleiman Adel Guemar, Journaliste independant, Consultant Open universite
Mourad Ouchichi, étudiant
Karine Gantin, Cedetim
Belaid Ait Mohand, Formateur Saint Prix
Riad Boukherbab ; économiste/chercheur
Sofiane Chouiter, avocat

08.01.2007

fermez Guantanamo maintenant

Hier, j'ai participé à la manifestation d'Amnesty International pour demander la fermeture de Guantanamo, cette prison ignoble et indigne d'un pays disant porté le modèle de la démocratie dans le monde. Pourtant, c'est par cette prison que les Etats-Unis fragilisent la démocratie dans le monde. Comment dans les dictatures, les militants des défenseurs des droits humains peuvent convaincre leur concitoyens des bienfaits de la démocratie si ceux qui sont censé présenter le modèle bafoue les droits. Aujourd'hui, la prison de Guantanamo comme hier d'Abou Graïb est utilisé par les extrémistes pour pousser la haine contre l'occident. Ces prisons sont censées lutter contre le terrorisme. Mais elles nourrissent le terrorrisme. Elles affaiblissent les démocrates et les défenseurs des droits humains. Enfin, tolérer la régression des drois humains au nom de la lutte contre le terrorisme, c'est donner victoire aux intégristes. C'est par le respect des droits humains et par la démocratie que l'on vaincra le terrorisme.
Après le 11 septembre, j'osais espérer enfin que la communauté internationale allait enfin se préoccuper des démocraties dans le monde . Mais pas du tout. Au contraire, il suffisait qu'on traite ses ennemis de terroristes pour avoir la paix: les oppposants démocrates, les journalistes trop indépendants, les tchétchènes, les palestiniens, les ouïghours...Et l'Union Européenne qui tente d'oublier la Convention de Genêve garantissant les droits de demandeurs d'asile.

Selon deux anciens détenus français rencontrés lors de la manifestation, sur 420 prisonniers, il n'y aurait que 30 qui seraient réellement de El Quaïda.
Parmi les autres prisonniers, on compte un cameraman soudanais de la chaîne de télévision qatarie Al-Jazira Sami Al-Haj, arrêté par les forces de sécurité pakistanaises à la frontière afghane en décembre 2001 et livré à l’armée américaine en janvier 2002. Le journaliste est soupçonné d’être un “ennemi combattant” au prétexte qu’il serait entré illégalement sur le territoire afghan en octobre 2001 au moment des frappes américaines, qu’il aurait dirigé un site Internet soutenant le terrorisme, qu’il se serait livré à du trafic d’armes et qu’il aurait interviewé Oussama Ben Laden. Aucune enquête ni aucun témoignage ne sont venus corroborer ces accusations.

Souffrant d’un cancer de la gorge, privé de soins et de contacts avec sa famille, Sami Al-Haj a déclaré à son avocat britannique Clive A. Stafford Smith avoir subi 130 interrogatoires depuis le début de son incarcération. Ces interrogatoires, destinés à lui faire avouer des liens entre Al-Jazira et Al-Qaïda, ont été ponctués de sévices et de menaces à l’encontre de sa famille.


Il y a aussi 4 mineurs: Mohammed al-Gharani, ressortissant tchadien arrêté au Pakistan alors qu’il avait 15 ans,

Omar Khadr, Canadien, capturé en Afghanistan à l’âge de 15 ans, Hassan bin Attash, Yéménite, arrêté au Pakistan à l’âge de 17 ans ,Yousef al Sheri arrêté à l’âge de 16 ans en Afghanistan le 30 novembre 2001, a été transporté sur la base navale de Guantánamo le 16 janvier 2002.
Comme les autres détenus mineurs (à l’exception de 3), il n’a jamais bénéficié des protections particulières pourtant prévues par le droit et les normes internationaux interdisant les pratiques suivantes : détention avec les adultes, aucune assistance juridique ou toute autre assistance appropriée, mauvais traitements, détention en isolement…

Qu'il soit coupable ou non, les détenus ont des droits inaliénables: avoir un avocat, avoir des contacts avec leur famille, le respect de leur intégrité physique. Alors, fermez Guantanamo Maintenant.

02.01.2007

Pour la démocratisation des pays, écoutons la société civile

Face à la situation de l’Irak et de l’Afghanistan, j’entends souvent dire que la démocratie est un concept occidental et qu'elle ne s'exporte pas comme une marchandise, les exemples de l'Irak et de l'Afghanistan sont suffisamment parlants à cet égard.
Je ne suis pas d'accord avec le concept "occidental" de la démocratie qui est du relativisme culturel. La liberté, la justice, la dignité, l'égalité sont des valeurs universelles. L'irakien comme le français a le droit d'être libre. La Déclaration Universelle des droits de l'Homme, c'est pour tout le monde.

Vous allez me dire, regardez l'Irak. Mais je vais vous dire mon avis. Pourquoi la démocratie a échoué en Irak et en Afghanistan.

Tout d'abord, faut-il rappeler qu'en Afghanistan les islamistes ont été soutenus par les Américains car il représentait un rempart contre les soviétiques?
Faut-il rappeler qu'en Irak, Saddam Hussein était soutenu par l'Occident car disait-on c'était un rempart contre l'Iran et que c'était mieux que les islamistes? Qu'importe si le peuple irakien à ce moment là subissait la dictature....Voilà le problème....C'est le discours banal qui permet à des dirigeants européens d'avoir bonne conscience:
On tient à nos intérêts économiques, après tout, un dictateur, c'est toujours mieux que les islamistes. Comme ça , on peut tranquillement fermer les yeux.
Mais la dictature, c'est le ciment de l'intégrisme.

Que dire de l'Iran qui jusqu'en 1953 était sur la voie de la démocratie avec Mossadegh qui était un dirigeant porté démocratiquement au pouvoir, qui assurait la liberté de la presse, qui assurait la défense des droits des femmes mais qui a été renversé en 1953 parce qu'il s'était attaqué aux intérêts des occidentaux en nationalisant le pétrole iranien. Par qui l' a-t-on remplacé? Par le Shah qui a progressivement installé un régime répressif envers les libertés. Voici un exemple parfait qui montre que la dicature mène à l'intégrisme.

Dans tous ces pays où règnent l’intégrisme et la dictature, il y a toujours des forces progressistes, il y a toujours des militants qui souhaitent le progrès , défendent la démocratie en risquant leur vie. Ces personnes-là, elles ne sont jamais entendues. Moi, j'appelle les responsables politiques du monde à écouter la société civile de ces pays là qui savent mieux que personne comment aller vers le progrès. Ce qui fait que ces pays là se sentent humiliés, c'est que les pays occidentaux viennent expliquer ce qu'est la démocratie.....mais en Iran ou enIrak, il existe des gens qui savent ce qu'est la démocratie. Ce qu'il faut faire, c'est tout simplement les écouter. Il faut aller voir le site"Solidarité Irak", Il faut aller lire Shirin Ebadi, il faut aller relire les articles de Samir Kassir qui manque tant au mouvement de défense des droits humains.

En résumé, selon moi, le meilleur rempart contre l'intégrisme, c'est la démocratie. La meilleure source de développement, c'est la démocratie.
Pour la démocratisation des pays, écoutons la société civile