19.09.2009
Mes souvenirs avec l'Affiche Rouge
Le film l'Armée du Crime a réveillé en moi des souvenirs d'adolescence.
En 5ème, j'avais participé à un spectacle de poésie au collège. Parmi les poèmes proposés, j'avais choisi l'Affiche Rouge d'Aragon et le poème de Paul Eluard pour Gabriel Péri "Un homme est mort...". Je n'ai pas eu de difficulté à apprendre. Ma prof de français n'a même pas eu besoin de m'expliquer la mise en scène et pas eu besoin de beaucoup de répétitions car les mots de ces poèmes me collaient vraiment à la peau.
Pour le poème d'Eluard, j'apparaissais au public et je criais, "Un homme est mort qui n'avait pour défense..." Je récitait en marchant sur la scène puis je tombais. Puis , je me relevais et je me mettais au piano et chantait la partie "Il y a des mots qui font vivre" sur l'air de "La Quête" de Brel.
Pour le poème d'Aragon, je me souviens d'avoir été frappée par une sorte de quiétude et de l'amour de la vie " un grand soleil d'hiver éclaire la colline, que la nature est belle et que le coeur me fend" et puis cette phrase "Bohneur à tous Bohneur à ceux qui vont survivre. Je meurs sans haine en moi pour le peuple allemand". Une sacrée leçon d'humanisme.
Lors d'une des représentations, il y avait des enfants qui n'arrêtaient pas de faire du bruit. A la fin de la représentation, ma prof de français me dit: Tu as fais comment pour ne pas être déstabilisée.
La réponse est que j'étais animée par les mots de ces poèmes. Je n'avais pas besoin de jouer la révoltée car la révolte je la ressentais tout simplement.Ces poèmes m'ont sans doute fait comprendre à quel point la liberté était précieuse et que c'est un droit qui a été acquis non sans mal.
Pendant ma scolarité, j'étais une passionnée de l'Histoire car elle me permettait de comprendre le monde d'aujourd'hui. La Résistance était une des épisodes qui m'avaient marquée. A cette passion, il faut ajouter tous les récits de mon grand-père qui régulièrement me parle de ses souvenirs passés à la Résistance, de la peur au ventre, de la mort qu'on frôlait ou qu'on voyait. Pourquoi tant de risques? La liberté.
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