26.10.2009

L'évasion au bout de Black Hole

Celà faisait deux mois que j'étais plongé dans l'univers de Black Hole. A chaque fois que j'ouvrais le livre pour suivre les aventures des personnages, je savais que j'allais retrouvé un monde où les surprises scrutent le lecteur à  chaque page.

Peut-être faut-il que j'explique de quoi il s'agit.    

Alors que les Etats-Unis étaient secoués par la contre-culture dans les années 70, des adolescents  sont frappés par une épidémie étrange qui les transforment et face à celà, e récit présente lcomment chaque ado vit celà et comment celà se passe avec les autres.  Les ados "touchés" se réfugient dans les bois où ils essayent de survivre, dormant le jour dans des tentes ou dans des cabanes misérables et sortant la nuit pour chercher à manger. Ils vivent dans la peur d’autant plus que des choses étranges se passent dans les bois...

Cette  étrange maladie sexuellement transmissible contamine uniquement les adolescents et  les symptômes varient selon les personnes;

Pour Keith Pearson , les symptômes sont les  petits boutons noirs sur les côtes qui se transforment en sorte de "queues de tétards"

Pour Chris Rhodes, c'est  la peau de son corps se détache : elle mue 

Pour Rob Facincani c'est une petite bouche à la base de son cou qui gargouille, grogne, soupire et parle quand il dort.

Un décor réaliste, le lycée, les soirées entre amis et puis ces lieux étranges qui sont le bois ou les plages où errent des individus.

Cette bd semble être agitée par les hallucinations qui nous emportent au fil des pages.

La tension dramatique prend en haleine le lecteur au fil des dessins en noir et blanc

  La noirceur n'empêche pas des épisodes très romantiques , idylliques. Des moments paisibles succèdent à des péripéties angoissantes.

A mon humble avis, ce qui fait la grandeur d'une oeuvre, c'est lorsque plusieurs lectures sont possibles et  de laisser aux lecteurs une diversité d'interprétation.

Cette oeuvre peut avoir un aspect freudien.

Ainsi peut-on penser que certaines transformations des adolescents correspondent à leur inconscience.

Elle peut aussi être vue comme une analyse de l'adolescence à travers le jeu du symbolisme.

Le bois représenterait l'adolescence avec ses incertitudes. Les transformations des corps à la  métamorphoses de la puberté

Le désir de l'évasion est le sentiment le plus partagé entre les personnages.  

 

Charles Burns a grandi  à Seattle dans les années 70. Il a participé au magazine Raw, référence absolue de tous les bédéphiles, où il est entré grâce à Art Spiegelman.  Il a participé à des projets très variés, en plus de la BD : couverture d'albums d'Iggy Pop, campagnes de pub, ... Il a consacré plus de 10 ans à la série Black Hole, initiée en 1995. L'intégrale de cette série est parue en 2006 chez Delcourt et a été primée par l'un des "Essentiels" du festival d'Angoulême en 2007.

 Black Hole de Charles Burns, bd prenant, des surprises à chaque page, le fantastique donne l'impression d'être réel, un portrait psychologique et social de l'adolescence et d'une Amérique perdue; une bd qui nous coupe du quotidien de routine et nous plonge dans un univers étrange, de la dureté, de la douceur, beaucoup de doutes et de questions sur la vie, du divertissement et de la réflexion, une bd qui laisse parler l'inconscience. L'inconscience, c'est à la fois ce que l'on souhaite être réellement et ce qu'on souhaite cacher aux autres. L'inconscience est une belle inspiration pour l'art comme le prouve cette bd. Dépaysement garanti

19.09.2009

Mes souvenirs avec l'Affiche Rouge

Le film l'Armée du Crime a réveillé en moi des souvenirs d'adolescence.

En 5ème, j'avais participé à un spectacle de poésie au collège.  Parmi les poèmes proposés, j'avais choisi l'Affiche Rouge d'Aragon et le poème de Paul Eluard pour Gabriel Péri "Un homme est mort...". Je n'ai pas eu de difficulté à apprendre. Ma prof de français n'a même pas eu besoin de m'expliquer la mise en scène  et pas eu besoin de beaucoup de répétitions car les mots de ces poèmes me collaient vraiment à la peau.

Pour le poème d'Eluard, j'apparaissais au public et je criais, "Un homme est mort qui n'avait pour défense..." Je récitait en marchant sur la scène puis je tombais.  Puis , je me relevais et je me mettais au piano et chantait la partie "Il y a des mots qui font vivre" sur l'air de "La Quête" de Brel.

Pour le poème d'Aragon, je me souviens d'avoir été frappée par une sorte de quiétude et de l'amour de la vie " un grand soleil d'hiver éclaire la colline, que la nature est belle et que le coeur me fend" et puis cette phrase "Bohneur à tous Bohneur à ceux qui vont survivre. Je meurs sans haine en moi pour le peuple allemand". Une sacrée leçon d'humanisme.affiche.jpg

Lors d'une des représentations, il y avait des enfants qui n'arrêtaient pas de faire du bruit. A la fin de la représentation, ma prof de français me dit: Tu as fais comment pour ne pas être déstabilisée.

La réponse est que j'étais animée par les mots de ces poèmes. Je n'avais pas besoin de jouer la révoltée car la révolte je la ressentais tout simplement.Ces poèmes m'ont sans doute fait comprendre à quel point la liberté était précieuse et que c'est un droit qui a été acquis non sans mal.

Pendant ma scolarité, j'étais une passionnée de l'Histoire car elle me permettait de comprendre le monde d'aujourd'hui.  La Résistance était une des épisodes qui m'avaient marquée. A cette passion, il faut ajouter tous les récits de mon grand-père qui régulièrement me parle de ses souvenirs passés à la Résistance, de la peur au ventre, de la mort qu'on frôlait ou qu'on voyait. Pourquoi tant de risques? La liberté.

10.09.2009

Vivement une attention des commentateurs sur la question iranienne

"L’attention des commentateurs français s’est dernièrement focalisée sur la question iranienne. Cela a éclipsé un dossier qui est pourtant au sommet de l’agenda international et qui revient en force en France et à l’OTAN: l’Afghanistan"

C'est ce que j'ai lu sur le site de Désirs d'avenir.

Que l'on ne parle pas assez du conflit en Afghanistan est vrai.

Mais que la question iranienne attire l'attention des commentateurs français, heureusement..est une bonne chose.
On ne peut pas dire que le régime iranien est affreux avec ses menaces nucléaires et  tourner le dos lorsque courageusement les gens descendent dans la rue car la meilleure façon de changer le régime ça serait par la démocratie et non par une intervention extérieure.

J'avais envoyé un message à Désirs d'avenir m'étonnant du silence de Ségolène Royal sur cette question alors qu'elle est vice-présidente de l'Internationale Socialiste. J'ai eu comme réponse qu'elle en parlera le moment qu'elle choisira. Je n'attendait pas celà comme suite.
Pas un seul communiqué de presse saluant les manifestations en Iran, les assassinats notamment la jeune Neda.

Après avoir exprimé ses opinions sur la question iranienne, je trouve déjà très malvenu ce silence qui ne la rend pas crédible pour ceux qui s'intéressent à la question iranienne et pense que critiquer le nucléaire iranien, ce n'est pas être contre le peuple iranien et que quand celui-ci prend le courage de défendre la démocratie, on est aussi à ses côté mais critiquer l'attention des autres sur cette question c'est vraiment choquant.

Ce communiqué de presse est très mal fait. Il aurait dû simplement critiquer le manque d'attention sur la question afghane.

http://www.desirsdavenir.org/segolene-royal/le-blog/encor...